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puissance, eile en useroit pour eile et non pour le dit s r duc deLorraine, Joint que le roy d'Espagne y voudroit prendre le droitd'ainesse. Apres avoir fait avec madame la princesse il donna ämadame de Nevers, de laquelle il ne fit pas grand conte et siarresta peu; et estant/parvenu jusques ä la mareschalle de Retz,eile luy fit de grandes excuses pour le fait qui s'estoit passe entrela roine et luy. Ma mie, dit le roy de Navarre, je ne suis pas sirefforme' que je ne voulusse encores choisir une maistresse, et sij'en savois une, je voudrois estre son partisant envers tous etcontre tous. J'aime l'amour et tous ceux, qui ayment. Je vousayme aussi pour cela. Entraguet est de la Ligue et vous en estesaussi; qui vous en peut blasmer? Vous en avez fait vostre mari;e'est tour d'habille femme. 8 ) La roine qui entendit ces propos,voulut retirer le roy de Navarre, qui luy dit qu'ils se cognoissoientbien tous deux. Departant d'avec la dite mareschalle: Adieu lape>onnelle que les gendarmes ont amenee, il prit aussi congödelaroine, et estant däparti d'avec eile trouva au bas des degrez lesr de Ligonne fröre du s r de S6gur, auquel il dit que la roine,lors qu'il estoit entre" en la salle, luy avoit laisse faire trois reve-rences sans se lever de sa chaize, et qu'il n'en estoit point con-tent ; que certainement eile estoit mere de son roy, mais luy a faitcest honneur tousjours d'en user mieux qu'elle n'avoit; qu'ä laverit6 il estoit d'aussi bonne maison que Catherine de M6dicis. Les r de Ligonne luy demanda, s'il luy plaisoit qu'il le dit ä la roine.II luy respondit qu'il le vouloit bien qu'il luy avoit dit, mais nonpas qu'il luy mandoit. Et de fait le dit s r de Ligonne le rapportaä la dite dame roine non pas si creument [?] qu'il l'avoit entendudu roy de Navarre. La roine jura .et fit de grandes excuzes qu'ellene l'avoit cognu. Vous trouveriez possible ce dernier propos duroy de Navarre estre de colere. Mais sachez aussi qu'il y estoit.Car comme il prenoit conge de la roine, eile luy dit touchant enla presence de mons r de La Trimouille et de mons r deTurenne etde tous ceux qui l'avoient accompagnö, qu'elle vouloit qu'on enten-dit que le roy ne vouloit qu'une seule religion en son royaume, etque quand il voudroit changer de propos, eile feroit tout ce qu'ellepourroit pour le maintenir, et que partant il s'y failloit resoudre.Ce dernier propos fut cauze, que le roy de Navarre partit de lamaison sans dire un seul mot, la noblesse descendans les degrezdisans tous d'une voix, qu'elle mourroit plustost que de changerreligion. Ainsi se retirerent. Mons r et madame de Nevers vin-drent vers monsieur le prince de Conde, qui estoit demeure" ä deuxlieues de lä. 11s se sont veus encores une fois depuis, mais en