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2 (1884) 1582 - 1586
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518. 1586 453

m'osez-vous Fnyer que vous m'ayez r mandee; voyez et recognoissezceste lettre que vous m'avez escripte par l'abbe d'Elbenne. 3 )Madame, vous vous souvenez de bien loing, dit le roy de Navarre.Je vous escrivis lors pour ce que m'aviez fait cest honneur de memander que vous d^siriez me voir et recognoistre l'obeissance quej'avois rendue au commandement que m'avoit fait le roy de nem'armer point; et je creu ce que me mandiez; mais depuis pourme recompenser de mon obeissance vous avez arme" de l'autoritedu roy ceux qui avoient trouble Testat et m'avezj envoye septarmees sur les bras qui ne m'ont pas fait beaucoup de mal. Toutes-fois et a-on attent6 ä mon honneur, ä ma vie et ä mesbiens. Jedis ä ma vie, madame, et savez bien, que je dis vray, et le roy,si je Tay merite\ Mon fils, dit la roine, laissons tout le passe; leroy dösire vostre conservation et vostre advancement et vous favo-riser en ce, en quoy la loy de ce royaume vous appelle, pourveuque vous soyez catholique. Car il ne veut qu'une religion, et sivous n'estes catholique, il vous ruinera, n'en faites doute. Madame,respond le roy de Navarre, le roy vous a-il donne charge de meporter ceste parolle? Non, dit-elle; mais c'est une chose, dont jevous veux advertir pour vostre proffict. Je me doubte bien, ma-dame, repliqua le roy de Navarre, que le roy qui est tres-sage, neme fera jamais tenir ce langage. Car il sait tres-bien qu'il n'y aque dieu qui me puisse ruiner, et que ma cause est trop bonne etque j'ay trop d'amis. Le prenez-vous? dit la roine. Je vousdis, que si vous ne luy obejssez et ne quittez vostre religion, qu'ilvous ruinera du tout. Madame, il ne sauroit ni vous aussi ruinerla religion que je tiens, et n'est pas en vostre puissance. II y avingt et six an que vous n'estes pas plus forte que vous avezestee, ne nous plus foible; et quand se viendra ä jouer le gros,sachez, madame, que j'ay les denx tiers des catholiques de ceroyaume qui tiennent pour moy, et tous les alliez de ceste cou-ronne qui me secourront pour ce qu'ils savent bien, ä qui la Ligueveut vendre cest estat et qui lefveuillent conserver ä ceux, ä quiil appartient. Assavoir ä luy premierement et puis successivementaux autres de la maison de Bourbon; lesquels il nomma de sasuitte selon le rang et leur ordre. La roine l'ayant entendu luydemanda, s'il vouloit pas, qu'elle fit appeller son cousin de Nevers.Lequel entrant salue le roy de Navarre, luy fit de grandes re-monstrances d'obeir au roy et par ceste obeissance cercher le biende cest estat. Vous en pristes mal le chemin, luy dit le roy deNavarre, lors que luy voulustes soustraire Marseille*) et que vouset monsieur de Guize m'escrivistes pour me faire chef de vostre