( 58 )
do les faire valoir; et certes cette inégalité'de moyensrendroit illusoire l’égalité «les droits; le plus fort , le
Î )lus habile opprimeroit, iromperoit le plus foible, sia société ne venoit au secours de tous. Citte protec-tion de l’égalité des droits, la société la confie à lasupériorité des vertus, de l'expérience; cette supério-rité elle la constitue, pour ainsi dire, et la perpétueavec la natuce , en imposant des devoirs héréditaires ;car des choix sans cesse renouvelés entre les frères neferoient qu’éveiller la jalousie, seroient un appel à cesmêmes passions que l’on veut appaiser et réprimer.Voilà la raison de la noblesse héréditaire, de la con-sidération qui s’attache à l’antiquité de la naissance.Ainsi nous voyons qu’à des inégalités de moyens mo-raux et physiques , ennemies naturelles de l’égalité desdroits, la société substitue des inégalités sociales, con-stituées, fixées, qui prennent leur source, non dansde vaines prééminences de fortune, niais dans la préé-minence des devoirs, prééminence «jui est elle-mêmela récompense des devoirs antérieurs remplis avec éclat.Les privilèges de quelques-uus, auxquels tous peuventd’ailleurs pat venir, ne sont que les devoirs héréditai-res d’un certain nombre d’homtnes qui les dévouentà tous l.*s sacrifiées de jouissances, d’intérêts personnelspour assurer le repos et les intérêts de tous. Ces dis-tinctions, loin d’être des obstacles à l’égalité, en sontdonc les protectrices, et la raison qui nous en fait voirla bouté, la nécessité, nous montre aussi que touspeuvent y parvenir par des voies naturelles et sages.Ainsi les rapports particuliers deviennent des rapportsgénéraux, non. en les renversant ei se substituant àeux, mais en s’élevant à eux par des développementssuccessifs. C’est ainsi que le principe, variété dansl’rinilé, s’applique à la succession des temps comme àla constitution même de, la société.
Mais là où se trouve la véritable égalité, là aussise trouve la véritable liberté. L’une et l’autre sont lesheureux fruits d’une constitution de société naturelle.Tous les hommes cherchent la sûreté , le repos de leurspersonnes et de leurs propriétés; ils sont libres lors«|uerien ne contrarie cette tendance, ils sont esclaves lorsquecelte disposition naturelle et légitime éprouve des ob-