admirables, les vertus les plus obscures, ont leur sourcedans une âme forte d'une inébranlable conviction. C epoint d’appui qu’un grand homme demandoil pourremuer le monde , nous le demandons-aujourd’hui pourremuer les aines. Mais , liélns ! quand on est arrivéà ce point où tout paroît à peu près également dou-teux, où Ton n’a point de motif concluant pour sedéterminer vers un but plutôt que vers un autre, oùl’on est à peu près égali ment indifférent à tout, boisà ses propies intérêts et à son repos, alors tout s af-faisse , les carat tèies sont éteints, les âmes nûadics;la société entière *-st dans un état de langueur et deconsomption. Mais là. où la conviction est morte,l’imagination reste encore, et il faut bien que l’ima-gination se prenne à quelque chose. Les passions d’ail-leurs vivent, toujours au fond des cœurs, et n’eu sontque j il us actives, dégagées du frein qui pouvoit lescontenir. Le souffle des passions remplace alors lanoble dignité de lame, la force et la fixité de la raison.Le combat qui existoit d’abord entre les setnimensballottés comme les idées entre les anciennes croyanceset les nouveaux systèmes, dégénère au point de n’èticplus pour les uns, de ne paroitre pour les autres quele choc des intérêts opposés. Ebranlés par des attaquescontinuelles, lassés et découragés surtout par lesoupçon d’intérêt personnel dont on cherche à flé-trir leur conviction la plus intime, fatigués peut-être d’une inutile résistance , ceux qui éloie.nt le*plus dévoués à la défense de la vérité finissentquelquefois par douter de la honte de leur rause,du moins sentent refroidir hoir zèle pour sa défense.Les systèmes impies et anarchiques , discrédités parde fatales expériences, ne sont plus défendus ouver-tement qu'avec milie précautions, mille restrictions,par ceux qui . furent d’abord leur plus chauds par-tisans. Mais ainsi que leurs antagonistes , quoiqu’avecdes intentions bien différentes, ils renferment l’expres-sion de leur mécontentement, contiennent son éclat,et, sans les abandonner , ils ajournent leurs espéran-ces. Alors il se forme un troisième parti qui secroit sage, parce qu’il est indécis, modéré, parce qu’ilpst foiblc, Epris d’uti vain amour de perfectibilité
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