momie liltér.iiie! Que devient la vérité dans un pareilconflit? Peut-elle être à la lois dans les contraires PQui nous dira à quelle extrémité elle se trouve, ousi c’est dans le milieu entre les extrêmes? Commentla distinguer dans ce choc de tant d’opinions, de tantde systèmes opposés. Peut - on donner à- de pareillesconnoissances le nom de lumières? Si le propre delàlumière est d’éclairer, toutes ces notions éparses etcontradictoires sur tous les sujets, produisent réellementle même effet que les ténèbres; pinson en rassemble,plus on en accumule, moins on voit distinctement laroute que l’on doit suivre, le point d’où il faut par-tir, le but auquel on doit tendre. Un homme égarédans un vaste labyrinthe sans fil pour se guider ; unmalheureux qui a posé le pied sur une ile flottanteet sans bords, - telles sont aujourd’hui les images deshommes qui poursuivent vainement des vérités qui lesfuient. Nous ignorons également le point de départet le point d’arrivée ; les deux bouts de la grandechaîne des vérités nous sont échappés ! Nous n’en te-nons que quelques anneaux que nous ne savous à quoirattacher! aussi voyons-nous que l’esprit égaré dans larecherche de ce qu’il faut adopter, de ce qu’il fautrejeter , incapable de se fixer dans cette recherche, de-vient inhabile à former un ensemble qui ne se composeque de parties homogènes, réunies et liées entr’ellos.N’est-ce pas là la plainte générale, la grande plaie denotre littérature ! De bonnes pages, de bons arti-cles, de savantes recherches, d’heureuses découvertes;mais on ne sait plus faire un livre, construire un ou-vrage! L’empire du doute a frappé de mort jusqu’auxplus intéressantes preuves de la morale et de la philo-sophie. Celui qui l.nte d’en former un corps de doc-trine , de proposer enfin aux hommes les motifs decroire et de se fixer, n’est plus, aux yeux de la plupart,qu’un faiseur de systèmes. Tiiste effet de nos préten-dues lumières! Ltat pire que l'ignorance! L’ignorancedu moins laisse l’esprit en friche, semblable à mie terrevierge qui n’attend que la main du semeur pourproduire et développer les germes féconds qui lui sontconfiés. La vaine science mêle l’ivraie au bon grain,couvre d’une multitude de plantes parasites une terre
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