PHILOSOPHIE.
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les vertus qui la décorent. La tâche est aisée, lémoyen tout prêt. Vous avez une religion qui tout enconsacrant les hiérarchies sociales, l’autorité des lois,celle des supérieurs, la soumission aux puissances,en un mot toutes les inégalités qu’il a plu au Créa-teur d’établir entre les hommes, pose cependant enprincipe l’égalité morale de tous, abaisse toutes lestêtes sous le joug d’une même loi divine, pénètretous les cœurs de la même foi , les embrase de lamême charité, et fait lever tous les regards vers lesmêmes espérances. Ce qu’aucune sagesse humaine netenta, n’imagina jamais, parce que les faits humainsdémentaient toujours le principe, la fraternité entretous les hommes , le christianisme l’a pris pour basede ses doctrines, de ses préceptes , de ses vertus. Unesimple parabole , en expliquant le mot de prochain ,a pour jamais aboli l’esclavage.
On peut dire encore , on a dit que la servitudeétait légitimée par l’intérêt de l’esclave ; que , s’il estheureux sous l’autorité d’un maître, c’est un crimeà ce dernier de lui donner une liberté dont il nesaura pas faire usage, aux dépens d’une vie qui vase trouver compromise , et qui s’écoulait en paixdans l’abondance de toutes choses.
Sans doute ; et nous concevons que dans ce cas,le serf libéré redemande ses chaînes. Mais qui vous adit de l’assassiner ? On n’échappe pas à un crime parun autre plus grand ; et c’est l’assassiner que lui reti-rer tout à coup la protection dont il jouissait, pourl’abandonner à lui-même, quand une longue servi-