PHILOSOPHIE.
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entre eux el nous d’autre lien que celui des serviceset des gages. La première obligation envers eux , c'estl’indulgence : moins instruits en général que leursmaîtres, moins bien élevés , ils ne peuvent atteindresans votre appui à ces considérations de sagesse ,d’honneur, qui retiennent un homme dans son de-voir. Il faut donc éclairer leur esprit, diriger leurconduite autrement que par des ordres, car ils neverront jamais dans le commandement que l’exercicedu pouvoir ; et la liberté , même en s’enchaînant aupouvoir, se tient naturellement contre lui en étatperpétuel de méfiance et d’hostilité. Des leçons ami-cales, surtout de bons exemples, les attacheront plusfacilement à leurs devoirs. Comment voulez - vousqu’un serviteur aime ses fonctions désagréables ,quand devant lui vous blâmez , vous négligez lesvôtres qu’il envie? Comment vouleï-vous qu’il soitvertueux , quand il trouve auprès de vous le modèlede l’insouciance dans le vice? Le meilleur moyen des’entourer d’honnêtes gens, c’est d’être honnête soi-même.
Surtout n’oublions pas le principe : on n’entravesa liberté que pour se ménager les moyens d’en jouirun jour. Nous devons donc travailler de concert avecle bon serviteur pour le mettre en état d’échapper àla domesticité, de reprendre sa première indépen-dance. C’est peu de lui assurer pour ce résultat desressources pécuniaires : il faut préparer son esprit àsavoir en faire usage. C’est un fardeau que la liberté :il est si commode d’obéir à l’impulsion étrangère,