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Nouveau système d'études philosophiques
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445
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DEUXIÈME PARTIE. 445

protection du fort que sa faiblesse réclame , lemploide son intelligence, de ses bras, son dévouement, sareconnaissance. Cest, pour ainsi dire , un hommequi se fait enfant et vient chercher un père ; car lesserviteurs sont membres de la famille (famuli , fami-lia ). Alors il nest pas plus libre que le fils, mais ilne lest pas moins : il obéit, mais en se rendantcompte des motifs de son obéissance, en jugeant lui-même la justice de ses actions. Il conserve sa mora-lité tout entière, et ne diffère du fils quen ce quele lien qui lattache à la famille nest pas naturel,quil est le résultat dun traité, et peut par consé-quent se rompre par un traité. Ce rapport du servi-teur au maître , que nous ne comprenons plus guèredans la société moderne, les domestiques sem-blent plus tenir au matériel du logis quau moral dela famille, se trouve à toutes les époques , chez tousles peuples, et se manifeste surtout chez ceux quiont conservé leurs mœurs primitives. Il entraînedes devoirs nombreux de part efc-dautre : car la na-ture apporte ses conditions dans tous les contrats.Lhomme, quel quil soit, qui reçoit en dépôt unepartie de la iiberté de son semblable , se charge de-vant Dieu dune grande responsabilité : on ne touchepas aux actes extérieurs sans toucher à la pensée, etcelui qui voit dans son serviteur une machine dontson argent fait mouvoir les ressorts , aurait bientôtchangé davis et de conduite si pendant quelquesjours il servait à sa place. On ne voit tant de mau-vais domestiques que parce que nous nétablissons