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Nouveau système d'études philosophiques
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443
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DEUXIÈME PARTIE. 443

à cet égard, semblent avoir consacré depuis long-temps. On respecte ses compatriotes , on vole impu-nément les étrangers : on se figure quon est devenupropriétaire dune pensée quand on la traduite : onappelle ce vol une conquête , afin de lui donner uneapparence de légitimité. Singulier sophisme ! commesi les pensées avaient une patrie! comme si les lan-gues étaient des états divers! comme si ces étatsétaient en guerre, de sorte quon regardât comme debonne prise tout ce quon déroberait sur le territoireennemi ! Encore un préjugé qui nous vient des Ro-mains, ces voleurs de lantiquité. Je napprouve pasplus Virgile pillant Homère, que Sylla confisquantles trésors des rois de Pergame.

§ 3. Du droit de liberté.

11 nest pas question ici de cette liberté dont nousavons parlé dans la division précédente : celle- nest.pas un droit, mais un fait, inévitable, indestruc-tible, que lhomme ne peut atteindre, sur lequelDieu lui-même naurait de prise quen se contredi-sant. Nous sommeslibx-es,-cest à dire, maîtres de nosvolontés , en ce sens que nous pouvons toujourschoisir entre les motifs qui se présentent à notreesprit. Cette liberté, quon appelle morale , retiréedans le sanctuaire de la pensée, est à labri de toutesles attaques comme de toutes les discussions.

Ainsi lhomme séparé de ses semblables, renfermédans un cachot, privé même par les liens qui len-