del' xi Ému partie. 43g
reux. Sans doute on ne peut nous imposer l’obliga-tion de nous dépouiller pour autrui: il faut, dansee précepte, comme dans tout autre, réserver la partdes sacrifices et celle de l’admiration. Dieu n’ordonnepas d’être un saint Vincent de Paule ; mais Dieucommande la bienfaisance, parce que tous les hom-mes sont frères : et il n’y a pas de vice plus odieuxpeut-être et qui nous révolte plus, que l’insensibilitéaux douleurs du pauvre ; pas de tableau plus hideuxque celui du riche égoïste. Ce sentiment est si profon-dément enraciné dans les mœurs modernes, qu’il apassé jusque dans les bienséances, jusque dans lesmodes. Il est devenu de mauvais ton de ne pas êtrebienfaisant. La vertu, sans doute, ne doit pas serégler sur les arrêts frivoles de l’opinion : mais plûtà Dieu que celle-ci n’imposât jamais des obligationsplus dangereuses !
2. Dans l’ordre civil, l’état est seul propriétaire :il garantit à chacun la jouissance des biens légitime-ment acquis ; mais lui seul peut en régler le partage,la transmission, et au besoin, en exiger le sacrificeau bien général -
Un législateur sage doit sans doute consacrer au-tant que possible, tout ce que le droit naturel au-torise, et par conséquent conserver à chacun l’usagede ses biens et la faculté d’en disposer. Mais si l’in-térêt général exige le contraire , le sujet doit se sou-mettre. Je suppose une loi agraire, une répartitionégale des propriétés : que cette mesure souveraine-ment impolitique, devienne cependant un jour loi