PHILOSOPHIE.
438
fallut qu’un mouvement, pour apprivoiser le chienil eut besoin de dépenser son intelligence, sa volonté.La nature de l’animal a été modifiée ; une parcelle del’être humain est descendue en lui. Pour le reprendreà son maître, il faudrait rendre à ce dernier ce qu’illui communiqua.
Toute propriété, fruit d’un travail quelconque,est inviolable : c’est ce dernier principe qui a servide base aux institutions civiles.
Ainsi le vol est un crime.
Ce crime a des degrés, comme l’homicide. Dé-pouiller un homme du nécessaire, c’est le tuer. Onest moins coupable, sans doute, de lui ravir unesuperfluité, mais c’est toujours un délit. C’en est un,quand même un besoin impérieux pousserait à déro-bée, dans la propriété du riche , l’objet dont il peutse passer. C’en est un, quand même , pour donner aumalheureux qui meurt de faim, on irait prendre àcelui qui nage dans l’opulence. Nul homme ici-basn’a mission pour rétablir l’équilibre des fortunes :la loi seule a ce pouvoir : encore ne peut-elle forcerpersonne de se dépouiller pour autrui.
Heureusement il est une loi supérieure, gravéedans le cœur de tous ; car avec le droit naturel toutseul, on n’expliquerait pas l’humanité , et la sociétéserait bientôt détruite. Nous sommes portés à la bien-faisance comme à l’égoïsme, et la même main quidéfend nos propriétés contre une injuste agression ,présente à l’indigent le secours qu’il implore. Cen’est pas seulement une vertu; c’est un devoir rigou-