PHILOSOPHIE.
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dans son propre mérite, cette insouciance pour l’opi-nion ne sont pas bien : on ne vit pas seulement poursoi ; mais pour autrui ; et l’homme vertueux que l’oncalomnie, doit à la société de prouver qu’il estvertueux , comme l’honnête citoyen dont la vieest menacée , doit à la société de tuer le brigandqui l’attaque, plutôt que de se laisser égorger sansdéfense.
Voilà sans contredit la plus forte considérationqu’on puisse faire valoir en faveur du duel ; car nousne parlons pas de ces offenses chimériques qu’une éti-quette niaise croit entrevoir dans un regard de tra-vers, dans un manque de politesse. Il est de cesinsultes qu’un honnête homme ne doit pas souffrir ,surtout si elles flétrissent la réputation d’une per-sonne qui nous est chère. Quel fils verra de sangfroid outrager sa mère? quel époux sa femme ? quelfrère sa sœur?
Mais aussi qui vous a dit que la vertu est toujoursfacile ? que la raison ne coûte rien ?
Raisonnons donc ■; quel est votre but ? venger lapersonne insultée? Vous n’en avez pas le droit : toutevengeance est mauvaise.
Punir l’agresseur? Vous n’en avez pas le droit:nous l’avons prouvé.
Défendre, protéger la réputation de celle qu’onveut déshonorer ? A la bonne heure : c’est un droit denature, d’autant plus sacré qu’il s’applique ici à laprotection d’autrui plutôt qu’à la défense person-nelle.