PHILOSOPHIE.
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11 était naturel d’en conclure qu’un duel faisait surle champ de vous un homme distingué, un noblesire. Aussi voyez comme déjà le combat au pistoleta décrédité cette coutume : qu’on invente une armeplus grossière encore, et dont l’emploi n’exige au-cune adresse, et l’usage du duel tombera de plus enplus : il cessera du jour où les portefaix, devenuspointilleux sur l’honneur, iront pour un mot se lan-cer une balle dans la tête , ou dégainer une épée. Sil’on veut déshonorer à jamais le duel, il faut établirautant de salles d’escrime qu’il y a de cabarets. Nosmessieurs rougiront bientôt de se battre, et lepeuple, toujours imitateur, copiera leur modérationcomme il copiait leurs transports. On y renoncera,de même qu’à toutes les modes, car c’en est une,quand elle sera descendue dans les derniers degrés dela société. Quel militaire voudrait tirer l’épée contreson frère d’armes , quand son valet d’écurie, pour unmot offensant, viendra lui proposer un cartel? Ilserait juste cependant que cette coutume existât, carchacun, dans son rang , a son honneur à défendre.
L’agresseur, quel qu’il soit, à combattre forcé,
Redescend par l’offense au rang de l’offensé :
et il semble que ce devrait être là le but moral duduel, s’il en avait un. Il n’en est rien pourtant. Lesous-lieutenant n’obtiendra jamais raison de son gé-néral. Alors qu’est-ce que le duel, que prouve-t-il,à quoi sert-il ? Tl est impossible de répondre à cesquestions.