DEUXIÈME PARTIE,
sauter les ennemis, et périt avec eux dans l’explo-sion.
Alors c’est une dispute de mots. Appelez-vous cesdernières actions des suicides ? il en est que la reli-gion honore et récompense : celui de Samson est dunombre. Refusez-vous de leur donner ce nom; neprésentez plus comme une objection le dernier effortdu vainqueur des Philistins.
3. Au sujet du duel, nous avons peu de choses àdire : ce n’est point une question de morale. Préjugébarbare, condamné par ceux-mêmes qui s’y soumet-tent, cette coutume n’échappe au reproche de féro-cité que par la honte du ridicule. Tant qu’elle seradans nos mœurs, les lois et la raison resteront im-puissantes contre elle : c’est au sentiment de l’hon-neur à détruire dans sa sagesse ce qu’il enfanta danssa folie : il s’agit de déplacer le mépris public, defaire rire aux dépens de cet usage comme on rit en-core aux dépens de qui le brave. Mais ce ne sera pasfœuvre d’un jour, parce que le duel, il faut l’avouer,ne manque ni d’un certain éclat qui le fasse aimer,ni de motifs spécieux qui l’excusent.
D’abord il porte en soi les deux caractères distinc-tifs de notre époque et. surtout de notre nation, lecourage et la vanité. Mépriser sa propre vie sembléla marque la plus forte d’une grande âme; et l’expo-ser pour un lieu suppose qu’on n’y tient pas. Puis iln’est pas donné à tout le monde de se battre en due! :autrefois il n’y avait qu’un noble portant l’épée quijouît de ce privilège : le bâton suffisait aux vilains;