PHILOSOPHIE.
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un crime de se donner la mort? parce qu’on a deâdevoirs à remplir. Eh bien, si c’est un devoir de mou-rir , un devoir impérieux, la conséquence est toute
changée.
On dira que nous sortons de la question, que ledévouement de d’Assas n’est pas un suicide. Sanàdoute, on est convenu d’appeler suicide l’acte decelui qui s’empoisonne, se noie, se pend, s’asphy-xie , en un mot toute violence exercée sur soi-même ,dans l’intention de se faire mourir. Et que nous im-portent les mots ? vouloir mourir , c’est toujoursêtre l’auteur de sa mort, renoncer de soi-même audroit de vivre. Alors nous sommes toujours dans laquestion.
Or, l’abnégation de soi-même est toujours unèvertu : elle est la première de toutes, quand elle vajusqu’à l’abnégation du droit le plus intime, de l’ins-tinct le plus puissant. Nous admirons alors au lieude blâmer. Honneur, cent fois honneur au fils quimeurt pour son père, plus encore au citoyen quimeurt pour son pays ! Si un homme pouvait mourirpour l’humanité tout entière, il cesserait d’être unhomme, ce serait un Dieu.
Nous avons fait cette observation à cause d’une ob-jection frivole qu’on repète dans les livres. « La reli-gion, dit-on, condamne le suicide; et pourtant lamort de Samson est un suicide ; et dans l’Ecriturenous la voyons justifiée par un miracle. »
C’est un suicide comme celui de d’Assas; commecelui du soldat qui met le feu à une mine pour faire