PHILOSOPHIE.
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nous le droit ? en thèse générale , non : mais il est,des exceptions, comme dans la question de l’homi-cide.
Pourquoi l’homme ne peut-il pas renoncer à lavie? Parce que, comme l’a dit Rousseau, la vie aun but, une fin , un objet moral : ce but, nous l’avonsindiqué, c’est l’accomplissement des devoirs.
Par conséquent, tant qu’il reste un devoir à rem-plir , un seul, nul n’a le droit de mourir.
Or, quel est l’homme qui peut dire : je n’ai plusrien à faire ici-bas : ma lâche est terminée.
C’est pourtant là le raisonnement de tous les sui-cides. Rien de plus facile à détruire que ce sophisme,si l’on pouvait raisonner avec un furieux. Mais engénéral, il y a , dans la résolution désespérée quipousse à ce forfait, une sorte de frénésie, d’égare-ment d’esprit qui laisse peu l’usage des facultés ;comme dans le dégoût qui détache un homme de toutce qu’il doit aimer ici-bas, une démence stupide, uneespèce d’idiotisme qui obstrue sa pensée, et la rendinaccessible à cette série d’idées qui constitue la rai-son. Ce 11’est pas que nous cherchions à justifier,même à excuser le suicide. Il ne cesse d’être un crimeque lorsqu’il cesse d’être une action : et il est actiontant que la volonté y prend part, cette part fût-elleextrêmement légère. Le fou seul n’est pas coupable.Mais, comme dans nos théories nous n’envisageonsjamais que leur application , nous avons fait cetteremarque pour avertir que ce n’est pas avec des rai-sons qu’on détournerait un homme de se donner la