PHILOSOPHIE.
4*4
nous les enfansde la patrie? Alors dans noire intérêtelle a le droit de donner la mort à quiconque com-promettrait notre existence ou celle de la société.Elle a le droit d’exiger de quelques-uns de ses fils ,pour la sûreté des autres , ce pénible sacrifice. Seule-ment dans le premier cas elle frappe, dans le secondelle ordonne de mourir.
2, D’après les principes que nous avons posés,l’iioinme n’a pas plus le droit de renoncer à vivre quede faire mourir son semblable; le suicide est uncrime.
Cette question de suicide, plus que toute autre ,a été entortillée de sophismes et surchargée de décla-mations. Elle est devenue, dans le cours de philoso-phie , un insipide lieu commun, dont les phrasessont faites d’avance, et où le nom de Caton doit tou-jours trouver sa place. Essayons de la simplifier.
Ce qui l’embrouille et la rend banale, c’est l’emploicontinuel et comme héréditaire des mêmes méta-phores. Rien ne gâte plus une bonne cause qu’unmauvais argument ; et de tous les argumens, il n’enest pas de plus pitoyable qu’une métaphore. Croyonsau vieux proverbe : Comparaison n’est pas raison.
La vie est un dépôt, dira l’un. ■— Non, répondl’autre, c’est un don. — Pas du tout, s’écrie un troi-sième; c’est un fardeau. — C’est un vêtement qu’onpeut quitter. — C’est un poste où l’on doit resterferme. — C’est une prison dont il faut briser laporte.—C’est un exil, un songe, un banquet... On vajusqu’à en faire une énigme dont nous devons cher-