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PHILOSOPHIE.
Voyez ces deux hommes : l’un ne s’inquiète ni du.passé, dans lequel il trouve peu de souvenirs, nide l’avenir, dont il craint, dont il espère peu dechose; il ne s’occupe pas des mystères du gouverne-ment, des principes sur lesquels repose la société ,des théories qui la dirigent : des sciences , il ne. con-naît que ce que la nature, c’est-à-dire l'instinct,enseigne à tous les hommes; des arts, que ce qu’ildoit à l’habitude du petit nombre de besoins qu’ilsatisfait chaque jour. Dans le dictionnaire de salangue nationale, on ferait à peine quatre ou cinqfeuillets des mots qu’il comprend. Il ne sait ni lire niécrire. Mais il sait parfaitement soigner ses chevaux ,conduire sa charrue ; mais ses forces musculaires ,doublées par un long exercice , le rendent capable,de soulever les plus lourds fardeaux, de supporterles plus grandes fatigues, de braver les plus violentes,attaques. Il rit des menaces d’un ennemi comme desrigueurs de la température. Son œil est sûr, sa voix,sonore, sa poitrine large, son estomac vigoureux.Corps bien constitué, esprit nul; brave homme dureste, car il ne fait de tort à personne : il est même,charitable, parce que son curé lui a dit que c’étaitbien de l’être. Il croit en Dieu, sans savoir ce quesignifie ce mot, comme il porte ses contributions au,percepteur, sans rien comprendre au budjet.
L’autre médite, et digère mal : voilà sa vie. Dèsson enfance, il a pâli sur des livres : un monde d’i-dées factices tourbillonne dans sa pensée. Ses yeux,toujours fixés sur de petits caractères, à très-courîe