PHILOSOPHIE,
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comment, et qu’il doit être bien permis de deman-der , puisqu’il est si naturel de les attendre.
La prière n’est pas plus inutile qu’elle n’est impie,puisque nous ignorons les volontés divines. Qui vous,assure qu’elle n’entre pas comme condition dans le,bien qui vous était destiné ? car, faite dans des vuesde sagesse et d’équité, elle est toujours une bonneaction, et dans la science éternelle, toutes nos bonnes,actions sont comptées comme des titres aux bienfaits,de la Providence.
Enfin, une des plus fortes raisons pour prier, c’est,qu’il est naturel de le faire. Il n’est pas de cœur si.endurci qui n’ait senti quelquefois le besoin d’un,appui supérieur, pas d’intelligence assez obscurcieparles préjugés qui n’ait, dans une situation critique,abjuré d’orgueilleux sophismes pours’humilierdevantl’intelligence infinie, et demandé quelque secours,quelque grâce, avec candeur, avec foi, comme de-,mandent les enfans, les hommes simples, les sages. .
Demandez donc, mais peu , mais rarement, parceque dans vos innombrables désirs, il en est un fortpetit nombre d’assez purs pour s’élever vers lesrégions supérieures. Remarquez que l’église chré-tienne, malgré la multitude de ses prières, sollicitefort peu de grâces : elle chante leç louanges de Dieu»elle adore , elle bénit, elle remercie : expansive ,diffuse même dans ses cantiques, dans l’expressionde nos douleurs comme dans celle de notre recon-naissance, elle n’offre à celle de nos vœux que desformules très-laconiques. « Une vie innocente et