PHILOSOPHIE.
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demandons tous, quand la nature parle seule : de.tout savoir. Peut-être ce bienfait immense n’est-ilpas dû à celui qui n’a'rien fait pour l’atteindre : maisla Providence ne doit-elle rien à Fénelon, pour avoirtâché de la comprendre et essayé de la faire connaître ?Pascal, homme stupide, pourquoi toujours travail-ler, pourquoi toujours apprendre , si tu n’avais, unefois au terme , rien à connaître ? Il fallait profiter dela folie de tes prédécesseurs, vivre de pain, de vin ,de repos et d’insouciance, et n’employer ta puissancede calcul que pour additionner lentement des jours ,des mois et des années. Mourir tout entier, pour unhomme semblable, ce serait une anomalie, une con-tradiction dans la nature. Son corps, où va-t-il?nous le savons : il est toujours bon à quelque chose,ne fut-ce qu’à engraisser le sol dont il est sorti. Maisà quoi bon sa pensée, son génie, son âme ? Je la voyaisnaître dans l’ombre, s’élancer rapidement vers lalumière , monter, monter toujours : j’aimais à me lafigurer se perdant au sein de l’infini, au-dessus d’unhorizon qui devait toujours s’étendre à mesure qu’elles’élevait; et la voici tout-à-coup arrêtée, anéantie !et cette immense progression fut en pure perte ! EtPascal qui raisonnait, qui inventait, qui savait etpouvait savoir encore, n’est plus ; tandis que Pascalqui s’appuyait sur une chaise pour ne pas tomberdans l’abîme, continue à vivre dans la plante quivégète , peut-être dans l’eau que je bois, et dans l’airque je respire ! non , c’est impossible.
A sa sagesse.