PREMIÈRE PARTIE. 1 99
cette manière de discuter, la plus ingénieuse, la plusséduisante de toutes, soit aussi la plus rare. D’ail-leurs , il faut en Convenir , c’est plutôt l’épée que latruelle : elle n’èst utile qu’en passant : il est dans lascience un grand nombre de vérités fondamentalesqu’il est nécessaire d’établir sur une plus large base :ce n’est pas assez d’avoir chassé l’ennemi du terri-toire ; la paix assurée , l’état veut des lois.
Cette forme s’est appelée socratique, parce queSocrate en fil un usage merveilleux. Mais la missionde Socrate était de détruire : la voix des sophistes,avait étouffé celle des sages : le beau temple de la phi-losophie, obstrué par de viles échoppes, ou cachépar d’ambitieuses constructions , ne laissait plusapercevoir que de loin en loin quelques lignes desa noble et simple architecture. L’inscription mêmeyvwSf asx'jrbv , avait disparu sous les hiéroglyphesde l’Egypte, sous les symboles de l’Orient._ Sans forcecomme sans autorité , Socrate ne pouvait renverserces échafaudages, effacer ces caractères. Il fallait dé-faire pièce à pièce, et montrer simplement ce qu’il yavait derrière. Il remplit cette tâche plus qu’hu-maine ; tout s’écroula sur sa tête ; mais le monumentredevint libre, et l’inscription reparut.
2. Il est une autre forme d’enseignement,.et on.l’appelle dogmatique.
Elle consiste, i° à poser la question, la définir, etla diviser, en annonçant sa solution et ses preuves,2 0 à développer ces preuves dans l’ordre annoncé.3 ° à présenter les objections et les détruire.