PHILOSOPHIE.
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sione le plus d’erreurs. On leur demanderait volon-tiers , quand ils s’embarquent pour l’Amérique ,qu’ils n’ont janîais vue, s’ils ne sont pas surs quel’Amérique est au terme de leur voyage. Ils admet-tent donc aussi comme vrai ce qu’ils ont entendu :et en effet, personne n’est plus crédule dans les dé-tails de la vie que ces hommes qui sont incrédulessur l’ensemble.
Les sens nous trompent , non pas sur l’existenced’un monde matériel, nous l’avons prouvé : maissouvent sur les qualités des corps : et tous noustrompent, le toucher comme les autres, car l’extrêmefroid et l’extrême chaud se confondent. Aucund’eux, même en admettant leur division capricieuse,n’a le droit de rectifier l’erreur des autres. Certes,le premier qui, plongeant un bâton dans l’eau, levit brisé, et le sentit droit en promenant sa mainjusqu’à l’autre extrémité, dut être fort embarrassépour décider lequel disait vrai, de son œil ou de samain. D’ailleurs, qu’est-ce qu’une sensation corri-geant une sensation? un aveugle qui en conduit unautre. Nous voyons le soleil parcourir l’espace , etc’est nous qui voyageons ; de l’aveu même de ceuxqui n’admettent que ce qu’ils ont vu. A quel sensdevons-nous ce redressement de l’erreur populaire?C’est en vain qu’on dirait que le moyen de vérifierle rapport des sens, c’est de les appeler tous eu té-moignage. Le fait dont je viens de parler n’est acces-sible qu’à la vue, et la vue se trompe. Or combiende faits de ce genre !