première partie. i3g
Comment l’être un et simple imaginera-t-il l’éten-due ? Idéalistes, répondez.
On ne fait des idées qu’avec ce qu’on a senti. Or,comment l’être indivisible, s’il est seul, a-t-il sentile divisible ? Il n’a pu que se sentir lui-même. Il nefera donc jamais l’idée d’étendue et de mouvement :jamais l’idée de matière.
Mais il l’a, cette idée.
Donc la matière existe.
Ainsi le principe de l’idéaliste tourne contre lui-même, et son motif pour nier l’un des deux êtresest justement ce qui les prouve tous deux.
Dormons donc tranquilles sur cette croyance, de-venue certitude , et disons à ces messieurs, avecMolière :
Moi, j’ai, ne vous déplaise, un corps tout comme une âme.
Mais, bâtons-nous d’ajouter que le témoignage dessens n’est dans nos jugemens qu’un principe secon-daire, à cause de la nécessité de la démonstrationqui précède. On peut toujours prouver ou que lessens nous trompent, car ils nous trompent quelque-fois, ou qu’ils sont véridiques, car plus souvent ilsle sont. Il n’y a qu’un témoignage qu’on ne prouvejamais, celui de la conscience.
On rencontre pourtant des gens qui s’appellentesprits forts, par antiphrase sans doute, et qui n’ad-mettent pour vrai que ce qu’ils ont vu. Esprits vrai-ment faibles, puisqu’ils prennent pour régulateurde leurs jugemens celui de nos. sens qui nous occa-