PHILOSOPHIE.
136
c’est que dans les sciences on n’a pas toujours be-.soin de reculer jusqu’aux vérités senties. On partd’un principe rationnel : dans quelques-unes même,comme la géométrie, on soumet à une démonstra-tion, dès le début, les faits les plus sensibles.
§ 2. Témoignage des sens.
Le témoignage des sens se compose de deux par-ties : i° La certitude de ce que nous sentons; certi-tude qui n’est autre chose que la conscience. 2° Lacroyance qu’il existe hors de notre pensée quelquechose, cause occasionelle, ou moyen pour produireen nous la sensation.
Cette certitude ne peut être contestée.
«Nous voudrions pouvoir en dire autant de cettecroyance , car elle est tellement naturelle que nousla voyons se manifester dans l’enfant qui vient denaître ; et que plus tard, au premier doute élevécontre elle, le bon sens se soulève avec une sorted’indignation. Ainsi, demandez au paysan qui con-duit sa charrue et ses bœufs, s’il y a réellement de-vant lui des bœufs et une charrue, s’il a un braspour les guider et des yeux pour les voir ; il vousprendra pour un imbécile ou se fâchera. Mais enfinc’est une croyance ; et il se fâcherait tout de même sivous lui disiez que le soleil est immobile et que laterre tourne avec ses bœufs et sa charrue. Il faut doncque cette opinion , comme l’autre, qui n’est pasmoins naturelle, se soumette à la raison; et puis-