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PHILOSOPHIE.
CHAPITRE II.
LA CERTITUDE, LA CEOÏANCE , LA FOI.
i. Il est des vérités que nous possédons : il en estque nous pouvons conquérir. Ces vérités ne sontpas , ne peuvent pas être autrement que nous ne lesconnaissons.
Ainsi Dieu sait le secret de mon existence, et jel’ignore ; il en sait le but, et je ne fais que le soup-çonner : il peut faire que je cesse d’être , comine ilordonne que je continue d’être ; et je ne puis ni l’unni l’autre. Mais le fait même de mon existence ac-tuelle , je le sais, je le possède comme lui, et il nepeut le détruire sans contradiction. La vérité, c’estce qui est : je suis ; donc mon existence est unevérité, une vérité complète.
Tous les rayons du cercle sont égaux : les troisangles d’un triangle sont égaux à deux droits. Cesvérités , je les ai trouvées. Nul être dans l’univers neles sait autres que je ne les sais ; nul ne peut leschanger.
Il serait facile de pousser plus loin l’explication ,en multipliant les exemples. On doit y reconnaîtredeux ordres de vérités; les unes de sentiment, lesautres de démonstration; ou, pour parler mieux,deux moyens de savoir ce qui est, la conscience et laraison.