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PREMIÈRE PARTIE.
Pour douter ainsi, il faut être fort, j’en conyiens;et peu d’esprits en sont capables peut-être. Mais qued’appuis à leur faiblesse ! Nous ne sommes plus autemps où le génie devait tout à lui-même : le dernierécolier de nos collèges a des ressources que n’avaitpas Pythagore. Tout a été mis en question , discuté ,résolu de mille manières différentes : si l’on ne trouvepas en soi la sagacité qui imagine les motifs , et lasagesse qui les pèse, il est partout des maîtres, par-tout des livres. Appelez toutes les opinions , écouteztoutes les raisons, et que la conscience prononce.Si vous n’avez entendu qu’une voix, que saurez-vous ?
D’ailleurs, qu’on la prépare de loin, cette forcequi maîtrise les préjugés. Que dès l’enfance on exercel’homme à se rendre compte par raison de ce qu’iladopta par crédulité : qu’on le fasse réfléchir; car,nous l’avons dit, la réflexion, c’est l’homme. Qu’ondéveloppe en lui de bonne heure, qu’on affermissecelte attention qui produit des miracles. Mais quede gens croient avoir tout fait, quand ifs ont ré-pondu juste aux questions d’un enfant ! et malheu-reusement , combien plus encore se croient quittesenvers lui quand ils ont répondu ! sans parler deceux qui n’attendent pas la demande , et entassentpêle-mêle dans sa jeune pensée les folles idées dumonde et les visions systématiques des pédans : etde ceux enfin qui prennent à tâche de pervertir sonesprit par des mensonges , et son cœur par les séduc-tions du vice.
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