PREMIÈRE PARTIE. 1
La manifestation de la vérité s’appelle évidence.
Tantôt un simple retour sur soi, un regard inté-rieur la découvre tout entière : dans ce cas on lanomme intuitive.
Tantôt il faut l’aller chercher sous les rapports quil’enveloppent, et la tirer péniblement de sa retraite:alors elle s’appelle déductive.
Le moyen est différent ; le résultat est le même : etce résultat, c’est la certitude.
La certitude est la conscience de la vérité. *
Nous disons la conscience , parce que les véritésdécouvertes, une fois acquises, ne se distinguentplus des vérités senties. Elles s’identifient avec nous,et le doute n’a plus aucune prise sur elles.
Ainsi, il n’y a pas de degrés dans la certitude ,parce qu’il n’ÿ en a pas dans la vérité. Une chose estou n’est pas ; on est certain ou on ne l’est pas. Lecomparatif du mot certain n’a été inventé que parl’ignorance, le superlatif que par l’orgueil. Il n’y apas de vérité plus vraie que les autres.
2. Qu’elle est heureuse, l’intelligence toujoursplacée dans cette alternative , savoir par sentiment ,savoir par étude ! Qu’il est vaste, qu’il est effrayant,l’abîme qui nous sépare d’elle! La liste de nos sen-timens est bientôt épuisée ; celle des vérités ration-nelles, si nous la cherchons dans l’individu, l’est
* Nous rejetons toute autre nomenclature sur cettethéorie : ceux qui ont compris nos principes verront faci-lement pourquoi. Citer d’autres divisions, même pour lescombattre , ce serait embrouiller notre enseignement.