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PHILOSOPHIE.
sien, et le conserve ! Mais enfin je veux qu’il l’exa-mine , ou il n’est pas digne du nom d’homme.
Or, il viendra nécessairement, cet âge d’examenet de réflexion, cet âge où l’indépendance est un be-soin , parce que l’être est tout lui-même , et acquiertla conscience de sa force. Irez-vous alors lui conti-nuer la servitude ? vous n’en ferez qu’une machine ,que le moindre sophisme va briser ; qu’un écho vi-vant, prêt à répéter toutes les opinions, dût-il lesconfondre; qu’un esprit sans vigueur, toujours dis-posé à vendre au dernier avis son silence, son ap-probation on son enthousiasme. Et d’ailleurs, vousqui voulez que l’autorité d’autrui soit la règle del’homme, songez que pour un bon préjugé vous, enrencontrez mille mauvais et dangereux j et que pourceux-là, condamner le doute qui les examine, c’estcondamner la raison qui les rectifie.
Laissez donc douter, et ne vous inquiétez pas : lavérité sortira toujours pure de cette épreuve. Celuiqui la cherche de bonne foi ne peut rencontrer d’er-reurs : celui qui ne cherche rien peut en être assailli.
Ce doute, tel que nous le recommandons, est unretour sur soi-même , une revue de toutes ses opi-nions , de toutes ses croyances, et non pas de tousses sentimens. Les sentimens sont l’œuvre de Dieu ;il faut les recevoir et s’y soumettre. Le seul retourqu’ou doive faire sur eux , c’est un travail de mé-moire. Il faut se rappeler ce qu’on a senti, et douterdu reste. La première opération servira de règle àl’autre, et le doute ne durera qu’un moment.