Druckschrift 
Nouveau système d'études philosophiques
Entstehung
Seite
118
Einzelbild herunterladen
 

PHILOSOPHIE.

118

il doute même de son doute, et il ne peut pas dire :« je doute » ; encore moins poser en principe quilfaut douter.

Ou il est sûr de son doute, et alors il lest de sapensée , de son existence, de ses manières dêtre , deses facultés , de ses opérations, de ses idées. De quoidonc doute-t-il encore ?

Le scepticisme est donc une chimère, et il y a plusdune réponse au que sais-je ? de Montaigne.

Cependant le plus sage des hommes, Socrate, allaitrépétant sans cesse quil ne savait rien.

Certes , il ne savait rien de ce quenseignaient, dece que prétendaient savoir les sophistes de son temps:il ne savait rien de ce quil est inutile de chercher ,parce quil est impossible de lapprendre.

Mais il savait, il enseignait une Providence, uneloi morale, la conscience qui la sent, la raison qui lacomprend, la liberté qui peut lenfreindre, la sagessequi doit lobserver, et léternelle justice qui punit ourécompense. Il savait tout cela : sa vie la bien prou- , sa mort encore mieux.

Si les sceptiques modernes admettent ces vé-rités , et sont assez forts pour en voir les consé-quences , nous leur permettons de douter de tout lereste.

Et puis , sil faut le dire, nous ne croyons pas plus «aux sceptiques quaux athées ; mais nous croyons auxcharlatans. Et si nous avons dit un mot sur le douteuniversel, cest quil est bon de prémunir la crédu-lité humaine, dont il fut toujours facile de se jouer,