PHILOSOPHIE.
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il doute même de son doute, et il ne peut pas dire :« je doute » ; encore moins poser en principe qu’ilfaut douter.
Ou il est sûr de son doute, et alors il l’est de sapensée , de son existence, de ses manières d’être , deses facultés , de ses opérations, de ses idées. De quoidonc doute-t-il encore ?
Le scepticisme est donc une chimère, et il y a plusd’une réponse au que sais-je ? de Montaigne.
Cependant le plus sage des hommes, Socrate, allaitrépétant sans cesse qu’il ne savait rien.
Certes , il ne savait rien de ce qu’enseignaient, dece que prétendaient savoir les sophistes de son temps:il ne savait rien de ce qu’il est inutile de chercher ,parce qu’il est impossible de l’apprendre.
Mais il savait, il enseignait une Providence, uneloi morale, la conscience qui la sent, la raison qui lacomprend, la liberté qui peut l’enfreindre, la sagessequi doit l’observer, et l’éternelle justice qui punit ourécompense. Il savait tout cela : sa vie l’a bien prou-vé , sa mort encore mieux.
Si les sceptiques modernes admettent ces vé-rités , et sont assez forts pour en voir les consé-quences , nous leur permettons de douter de tout lereste.
Et puis , s’il faut le dire, nous ne croyons pas plus «aux sceptiques qu’aux athées ; mais nous croyons auxcharlatans. Et si nous avons dit un mot sur le douteuniversel, c’est qu’il est bon de prémunir la crédu-lité humaine, dont il fut toujours facile de se jouer,