PH 1LOSOPHIE.
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dites : ce que tout le monde affirme est vrai. J’ai ledroit de vous demander pourquoi ; et vous répondez :parce qu’une pensée commune à tous vient de Dieu.Et qui prouve Dieu? Le témoignage de tous. Vousvoyez bien que vous avez tourné sur vous-mêmes ;que vous avez dit : le témoignage est vrai parce quec’est le témoignage. Que reprochez-vous donc à Des-cartes? Il a dit : ce que je sens est vrai, car je le sens.La conscience , qu’il ne prouve pas, est son point dedépart, comme l’autorité du témoignage universelest le vôtre. De quel droit condamnez-vous donc cegrand génie quand vous avez fait comme lui, moinsque lui ? Oui, moins, certainement : car ce témoi-gnage universel, pour devenir légitimement la règlede l’individu, a dû passer par l’examen de la con-science individuelle.
Descaries, à nos yeux, n’a qu’un tort, c’est d’avoirmis la première découverte de sa raison sous la formed’un raisonnement ; c’est d’avoir dit : je pense, doncj’existe. Il eût certes effacé de bien bon cœur ce sin-gulier argument , s’il eût pu prévoir qu’on en feraitun syllogisme , et qu’on supposerait dans sa penséeune généralité dont il déduisait son existence, afinde pouvoir lui objecter : « tout ce qui pense existe !qui vous l’a dit? n’est-ce pas le témoignage univer-sel? » misérable argutie, qui s’arrête à des formesde langage , et feint d’attaquer l’idée elle-même :comme s’il n’était pas évident que dans l’esprit duphilosophe qui s’interroge, l’existence et la pensée nesont qu’un seul et même fait. Pourquoi n’avoir pas