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PHILOSOPH I E.
la nôtre, sont par cela même plus souples, mieuxdisposées à suivre l’esprit dans tous les détours de sesidées, sans avoir besoin de traîner après elles unbagage de petits mots parasites, de chevilles qu’ondéplace à volonté pour varier les constructions ,signes qui’ par eux-mêmes n’ont aucun sens, et nereprésentent rien , que notre embarras à nous fairecomprendre.
§. 3. Rapport des Langues aux Idées.
« Les mots sont la monnaie des choses, » avait ditBacon , et Bacon avait raison.
Qu’est-ce qu’une pièce d’argent par elle-même?Un morceau de métal. La convention seule en déter-mine la valeur.
Qu’est-ce qu’un mot? Un assemblage de sons ou decaractères. L’idée seule en fait le prix : et la corres-pondance de l’un à l’autre est de même détei-minéepar la convention.
Le seul point où pèche la comparaison , c’est quela valeur de la monnaie est fixée par des lois et uni-forme pour tous, tandis qu’il n’y a pas de loi quipuisse forcer tout le monde à donner aux mots lemême sens.
U en résulte que chacun ne voit dans les mots quéla part d’observations qu’il a faites sur les objets queces mots désignent : il en résulte que le miracle dela tour de Babel se renouvelle à chaque instant dans