>o4 PHILOSOPHIE,
qui ai tout fait. C'est contre moi quilfaut tourner'votre fer, ô Rutules ! c'est de moi que vient toutela ruse : lui, n’a rien osé, n’a rien pu faire , etc.
3°. Moi, moi ! j’adviens qui ai fait : sur moi tour-,nez le fer, ô Rutules ! mienne la ruse toute, etc.
On sent le ridicule de cette dernière version :supposons cependant qu’elle soit française. Que ditce moi au commencement? indique-t-il, comme l’ac-cusatif latin me, une action à faire sur ce moi ? Or,c’est là ce que j’admire surtout dans Virgile.
Quant aux deux autres traductions, la premièreest un contre-sens, la seconde une paraphrase.
Qu’on essaye de traduire aussi le per ego te , fili ,qui dit tant de choses par la place seule que les mois,occupent, et les cas qui les font comprendre.
J’acheverai cette comparaison par un rapproche-ment qui paraîtra minutieux à quelques-uns, et qui,selon moi, renferme un grand sens.
Mutius Scévola, la main sur le brasier, dit à Por-senna : Romanus sum dois.
Gavius , attaché sur la croix par ordre de Verrès,s’écrie : dois Romanus sum.
Dans les deux cas , il est impossible à la languefrançaise de traduire autrement que dans cet ordre ;Je suis citoyen Romain.
Eh bien , dans les deux cas elle a le tort de con-fondre et de manquer l’effet.
Romain ! voilà l’idée dont Scévola veut effrayer leroi d’Etrurie. Le reste n’est qu’accessoire.
Çitoyeu ! voilà le droit qu’invoque Gavius, voilà