PUE M 1ÈRE PARTIE. 103
se plient beaucoup mieux aussi à toutes les combi-naisons de la pensée. Telles sont, pour parler deslangues que nous connaissons, le grec et le latin ,supérieures en cela à l’allemaud, et plus encore aufrançais, qui ne se dérobe qu’avec peine aux exigencesgrammaticales ; car on ne transportera jamais Homèrelittéralement en français comme Voos l’a transportédans son idiome. Or, dans ce cas , bien loin de mettrenotre langue au-dessus de toutes les autres, si nouslui accordons une clarté plus philosophique , ce n’estpas à ses formes régulières que nous en attribuonsle mérite, mais au grand nombre d’écrivains philo-sophes qui l’ont maniée : et nous ne retrouvons pluscette supériorité, quand nous la compai’ons avec leslangues anciennes sous le l’apport de la flexibilité destournures, si propre à mettre en lumière la souplesseinfinie de la pensée.
Essayez de rendre en français
Me, me, adsum qui feci : in me convertite ferrumO Rutuli; mea fraus omnis; nihil iste, nec ausus,
Nec potuit. Coelum hoc et conscia sidéra testor.
Vous ne le pourrez pas sans déplacer les mots,par conséquent les idées, ce qui serait un affreuxcontre-sens ; ou sans délayer la pensée, par une foulede mots parasites; ou enfin sans être barbare.
i°. Tuez-moi, tuez-moi ! me voici, moi qui aifaille mal. Tournez votre fer contre moi, ô Rulules :cette ruse est toute mon ouvrage, etc.
2°. C'est moi , moi, qu’il faut frapper '■ c’est moi