PHILOSOPHIE.
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Mais il attend un grand génie, qui sache en fairece qu’un autre fit une fois des signes graphiques, parl’invention de l’alphabet. Tel qu’il est, il ne peutsuffire à la pensée, et l’art de nos plus habiles pan-tomimes n’en peut tirer que l’expression de quel-ques idées bien grossières : au-delà tout est obscur ;et nous avons toujours ri de ce conte romain , quiattribuait à Roscius le pouvoir de traduire en gestestoutes les périodes de Cicéron. Sans doute il pouvaitle faire , mais pour lui tout seul.
Gloire à l’homme inspiré, quel qu’il soit, qui dé-couvrit
L’art ingénieux
De peindre la parole et de parler aux yeux !
Car l’écriture alphabétique est toute d’inventionhumaine , et il faut le reconnaître , c’est l’inventiond’un seul homme. Quelle heureuse abstraction queeelle qui sépara les sons simples de la voix des arti-culations qui les modifient, et représenta les unes etles autres par des caractères peu compliqués, pourles unir et fixer la parole dans toutes ses combinai-sons ? Il est étonnant qu’un pareil bienfait n’ait paschargé l’olympe d’une divinité nouvelle, ou que leProméthée des anciens n’ait pas expié sur le Caucaseun crime de plus.
Toutefois , moins heureux que l’inventeur du
lout le monde puisse apprendre. L’écriture , par exemple ,est un moyen universel de communication. Cela ne veut pasdire que tout le monde sait écrire.