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Nouveau système d'études philosophiques
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PHILOSOPHIE.

Preuve que l’esprit humain sent bien où sa capacités’arrête*. Que dirions-nous d’un orateur qui nousavertirait que son discours sera divisé en douzepoints ? Je mets en fait, et je le prouverai s’il le faut,que dans une pièce en cinq actes, si l’on voulait pres-ser l’action, on en trouverait deux d’inutiles. Expo-sition, nœud, dénoûment, voilà le drame.

3 . Notre vue 11e peut jamais se fixer sur deuxpoints à la fois:l’excessive promptitude du coup-d’œiïnous fait croire que nous voyons simultanément ceque dans la réalité nous apercevons successivement.Il en est de même du travail de l’esprit : à chaqueinstant le présent se fond dans le passé avec une ra-pidité telle que nous ne pouvons la remarquer : lapensée que nous voulons saisir a déjà fait place à lapensée qui l’observe, et il nous serait impossible decomparer, sans l’emploi d’une puissance nouvelle ,qui, toujours placée sur les limites du présent sansjamais les franchir , reçoive, conserve , et repro-duise ce qui s’en échappe sans cesse. J’ai parlé de lamémoire , prolongement de là conscience dans lepassé , faculté vive et distincte , dont on n’a fait, àtort selon nous, qu’une simple capacité, une sorted’état passif. Sans la mémoire, nous ne saurionsrien, et nous serions fort peu de chose. Borné ausentiment stérile de chacune de ses modifications, quitoutes se succéderaient sans jamais s’unir, l’être ,

* C’est peut être une raison de plus pour ne pas faire unsystème des facultés de l’âme.

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