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comme vérité ; et quand l’erreur est évanouie, tes 1mots restent, et semblent encore représenter quel-que chose. Dans le temps où l’on s’imaginait que les -qualités des corps étaient je ne sais quoi de superposéà ces corps, qui s’en détachait, passait à travers nosorganes, et venait se loger dans l’esprit, ou s’y ap-pliquer comme des formes sur une cire molle, speciesexpresses corporibus , et animo, impressce, le motchaleur pouvait signifier à la fois ce qu’il y a dans lefeu, dans la main que j’y présente, et dans moi quime sens ranimer : alors les organes transmettent lessensations n’était pas une façon de parler ridicule •alors on pouvait admettre des sensations perçues etdes sensations non perçues : la philosophie doit au-jourd’hui dépouiller ce vieux langage ; c’est la robede Déjanire, elle consume le corps quelle habille.
4. Ainsi, pour finir, nous n’expliquons ni lasensation par le mouvement, ni l’homme par la sen-sation. Par le sentiment seul, l’homme est tel queDieu le fait; par la sensation, il est tel que le mondeextérieur le façonne : les sentimens sont son essence ,les sensations sa vie. Et s’il était possible de conce-voir l’être humain, devenu après la mort pure intel-ligence, sans aucune communication avec le mondematériel ; ce qu’il apprit par les sensations irait tou-jours s’affaiblissant en lui et finirait par disparaître,tandis que ses sentimens, plus concentrés, s’exalte-raient peut-être jusqu’à l’infini. Aussi voyez pour-quoi l’Elysée des anciens , le Walhalla des Scandi-naves, le paradis de Mahomet, et en général toutes