PREMIÈRE PARTIE.
que je viens de vous en avertir, vous avez le senti-ment de votre gravitation, vous sentez le poli devotre plume, vous entendez le balancier de votrependule. Qu’y a-t-il de changé dans les mouvemens?Est-ce que tout à l’heure les mêmes vibrations n’a-vaient pas lieu? est-ce que votre oreille, et les nerfsqui aboutissent à votre tympan pouvaient se refuseraux pressions de l’air ? Non ; tout le service se faisaitau logis , mais le maître était ailleurs.
J’irais loin en conclusions , si je voulais : je mecontente d’une seule pour le moment. Le mouvementet la sensation sont deux faits correspondans , maisentièrement distincts, puisque cette correspondancemême n’est pas absolue, universelle.
Et qu’on ne dise pas que je viens de parler d’uneexception. Je n’ai pas cité la mort d’Archimède, j’aipris exprès le même fait dans nos habitudes journa-lières : or ce fait se reproduit à chaque instant denotre vie ordinaire. Que d’objets devant nos yeux,que nous ne voyons pas! que de bruits autour denous , que nous n’entendons pas ! toutes choses, que,selon les lois bien connues du mouvement, nousdevrions voir et entendre.
Ainsi, la sensation n’est pas dans les organes; iln’y a dans les organes que du mouvement. Ainsi ilfaut effacer de la langue une foule d’expressionsvicieuses , que de mauvais systèmes ont introduites,et qui ramèneraient à leur tour ces mauvais systèmes :car tel est le danger de l’usage : avant que l’erreursoit reconnue, il a consacré les mots qui l’exprimaient
PHILOSOPHIE. a