PREMIERE PARTIE.
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les descriptions de la vie à venir nous paraissent sifaibles, si fausses même. C’est parce qu’elles ne sontfaites que pour les sens. Combien au contraire Féne-lon nous touche et nous semble vrai quand il com-pare le bonheur des justes, dans son éternelle durée,au sentiment si vif mais si rapide de la joie d’unemère qui revoit son fils qu’elle croyait mort.
Ici finit l’action de Dieu sur nous; nous allons voircommencer la nôtre. Tels sont les élémens de nospensées, c’est-à-dire , les matériaux sur lesquels noussommes appelés à travailler. Les distinguer, les fixer,les mettre en ordre, les assembler où les désunir, lesclasser selon la nature ou selon nos caprices, voilàl’œuvre de la vie entière. Là sont toutes les misèresde l’ignorance, tous les égaremens de la folie , toutesles créations du génie, comme dans un clavier sonttoutes les discordances avec tous les trésors de l’har-monie'. Voyons par quels secrets l’homme opère surce qu’il a senti, quelles puissances il met en œuvre,pour en faire sortir, à son insu peut-être, tant demerveilleux produits.