PHILOSOPHIE.
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se croisent sans se nuire, se mêlent sans se perdre ;pour apporter la vie à mes poumons, les parfums dela terre à mes narines , à mes oreilles de ravissantesharmonies, à mes yeux de magnifiques spectacles.Je suis environné , je suis rempli de prodiges, et jem’étonne encore de ne pas tout savoir !
3. Résumons ce qui précède : tous les phénomènesqui préparent la sensation peuvent s’énoncer en unmot : mouvement. Mouvement dans les corps quim’entourent, mouvement dans le mien. Ces deuxmouvemens sont-ils toujours nécessaires? Non : lepremier peut n’avoir pas lieu, et la sensation naîtreen moi : ainsi dans les songes, je vois réellement desindividus, des objets qui ne sont pas là : j’entendsdes voix et personne ne parle : je savoure , assis àtable, des mets qui sont bien loin de ma bouche. Tly a sensation, et nul mouvement à l’extérieur.L’autre mouvement est-il nécessaire ? Faut-il croireavec les physiologistes, que le système nerveux ré-pète, comme de lui-même, sans stimulant étranger,les vibrations déjà communiquées ? Rien ne s’opposeà l’admission de cette hypothèse, qui paraît très-rai-sonnable , pourvu qu’on soit bien convaincu que cen’est qu’une hypothèse.
Renversons la question : la sensation suit-elle tou-jours le mouvement? Non. Vous travaillez : votrependule sonne auprès de vous , vous ne l’entendezpas: vos doigts pressent la plume, vous ne la sentezpas. Vous pesez sur votre fauteuil, sur le tapis quefoulent vos pieds, vous n’en saviez rien. A présent