Druckschrift 
Nouveau système d'études philosophiques
Entstehung
Seite
15
Einzelbild herunterladen
 

PHEMIÜRE PARTIE.

j 5

que celte liaison sopère entre le monde matériel etlêtre sensible. Il faut que limpression des corpsétrangers sur le nôtre soit dans une intensité, dansune duxée moyenne. « Trop de bruit nous assourdit,trop de lumière nous éblouit, dit Pascal : nous nesentons pas les extrêmes, nous les souffrons. » Ainsiles impressions qui se succèdent trop vite, ou se con-fondent ou nous échappent entièrement : des coupsde marteau répétés semblent un son qui se prolonge :un objet qui tourne rapidement sous nos yeux formeun cercle continu : nous ne voyons pas le boulet quisiffle devant nous , encore moins le rayon lumineuxqui glisse dans lespace. De même, trop de lenteurdans le mouvement nous empêche de le sentir : nousne pouvons suivre la petite aiguille dune montre,pas plus que la croissance dune plante. Placés, pourainsi dire, au milieu de léchelle des créatures, nousne concevons ni linfinie grandeur, ni linfinie peti-tesse ; et de ces milliers dêtres quappelle à soi notreambitieuse pensée, limmense majorité reste en roule,soit faute de ressort en eux pour arriver jusquà nous,soit faute de puissance en nous pour les attirer.

Et pourtant, tout lunivers est en mouvementpour produire sur mes chétifs organes une impres-sion que je remarque à peine. Ainsi des myriades decorpuscules lumineux , de molécules odoriférantes,de tourbillons aériens, de gaz respirables, vont, vien-nent , voyagent en tout sens dans lespace, avec unerapidité que rien narrête, que rien ne mesure, etcomme les habitans occupés dune grande capitale,