PHEMIÜRE PARTIE.
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que celte liaison s’opère entre le monde matériel etl’être sensible. Il faut que l’impression des corpsétrangers sur le nôtre soit dans une intensité, dansune dux’ée moyenne. « Trop de bruit nous assourdit,trop de lumière nous éblouit, dit Pascal : nous nesentons pas les extrêmes, nous les souffrons. » Ainsiles impressions qui se succèdent trop vite, ou se con-fondent ou nous échappent entièrement : des coupsde marteau répétés semblent un son qui se prolonge :un objet qui tourne rapidement sous nos yeux formeun cercle continu : nous ne voyons pas le boulet quisiffle devant nous , encore moins le rayon lumineuxqui glisse dans l’espace. De même, trop de lenteurdans le mouvement nous empêche de le sentir : nousne pouvons suivre la petite aiguille d’une montre,pas plus que la croissance d’une plante. Placés, pourainsi dire, au milieu de l’échelle des créatures, nousne concevons ni l’infinie grandeur, ni l’infinie peti-tesse ; et de ces milliers d’êtres qu’appelle à soi notreambitieuse pensée, l’immense majorité reste en roule,soit faute de ressort en eux pour arriver jusqu’à nous,soit faute de puissance en nous pour les attirer.
Et pourtant, tout l’univers est en mouvementpour produire sur mes chétifs organes une impres-sion que je remarque à peine. Ainsi des myriades decorpuscules lumineux , de molécules odoriférantes,de tourbillons aériens, de gaz respirables, vont, vien-nent , voyagent en tout sens dans l’espace, avec unerapidité que rien n’arrête, que rien ne mesure, etcomme les habitans occupés d’une grande capitale,