PREMIÈRE PARTIE. il
prenons pas celles qui disposeraient l’homme à l’es-poir plutôt qu’à la crainte, à l’égoïsme plutôt qu’àla charité. La seule chose qui nous semble claire ,c’est l’inverse de ces observations , c’est-à-dire , queles sentimens ont une influence directe sur l’orga-nisme : ainsi l’effroi nous glace , la joie nous dilate ,la douleur nous abat, etc., toutes expressions aussivieilles que le monde; ce qui prouve que l’observa-tion n’est pas neuve , et ne prouve pas du toutqu’elle soit fausse.
Le premier pas est fait : avançons.
§ 2. La Sensation.
1. La sensation est un sentiment qui nous meten rapport avec le monde extérieur.
Ce sentiment s’identifie comme l’autre avec lanature humaine ; car, au fond , c’est toujours lememe être qui l’éprouve : mais il lui est accidentel,et non pas essentiel.
D’ailleurs il n’est pas l’action immédiate de Dieusur nous : il suppose un moyen , un intermédiaire.Cet intermédiaire , selon tout le monde , ce sont lescorps. Nous dirons comme tout le monde, sauf àprouver plus tard que nous avons bien dit.
Nous avons cinq manières d’éprouver des sensa-tions ; ces cinq manières s’appellent sens. Chacun deces sens correspond à un appareil particulier ducorps humain ; et c’est sans doute la distinctionentre les divers appareils qui a amené la division