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Tome Second (1777)
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80
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80 Maladie-sbliife le contraire, & qu’un ufage per-nicieux autorise les nourrices à remplird’autant plus ces petites créatures qu’el-les ont moins befoin d’alimens.

L’on s’imagine que les pleurs font tou-}ours le cri de la faim , & dès qu’un en-fant pleure, on lui donne à manger ,fans vouloir faire attention que cespleurs étoient peut-être l’effet du mal-aife que lui procuroit un eftomac troprempli, ou de douleurs dont on n’en-leve pas la caufe en le faifant manger ,mais à laquelle le manger le rend in-fenfible pendant quelques momens, pre-mièrement en le diftraifant, feconde-ment en l’endormant, effet du mangerchez les enfans, qui e£t alfez confiant& qui dépend des mêmes caufes qui af.foupilfent tant d’adultes après le repas.

L’on ne fauroit croire tout le malqu’on fait aux petits enfans en leurpro^diguant ainfi les alimens, dans le temsque leurs douleurs dépendent de caufestrès-différentes de la faim j je fouhniteque les meres fenfées veuillent ouvrirles yeux fur cet abus , & le faire celfcr.

Ceux qui leur donnent beaucoup àmanger dans l’efpérance de les fortifierfe trompent beaucoup, & il n’y a pointde préjugé qui en tue un aufîi grandnombrei tout ce qu’un enfant prend au