ÉCOLE DF, CRÉMONE. 373
vaient leur légitime application. L’Annonciationqu’il peignit, au-dessus de la grande arcade duchœur, a l’inconvénient d’échapper, sinon auregard, du moins à l’étude, par la petitesse desdimensions. Mais les deux tableaux qui sont àVenise, l’un dans la petite église de Saint-Julien,l’autre dans la collection de l’Académie des Beaux-Arts, peuvent être étudiés et admirés d’aussi prèset aussi longtemps qu’on le veut. Le dernier, sur-tout, est une de ces œuvres exceptionnelles quiexercent sur le spectateur une sorte de puissancemagique. Pour le charme du coloris, aucun destableaux environnants ne le surpasse, et il y ena plusieurs qui n’en approchent pas : pour l’es-prit du dessin et la poésie de la composition, ilrappelle les plus beaux produits du pinceau deCima da Conegliano, et pour l’effet général, ilsemble tenir à la fois de l’école Vénitienne et del’école Ombrienne; mais l’influenee de cette der-nière est plus visiblement empreinte dans le ta-bleau de saint Julien, lequel est antérieur à l’autrede plusieurs années.
Il est à remarquer qu’à dater du jour où, parsuite de la ligue de Cambrai, les Vénitiens durentquitter Crémone, il s’écoula sept années pendantlesquelles Boccaccio Boccaccini ne ht absolumentrien pour sa patrie. Celte lacune s’étend de 1 5o8 ài5i 5. La date de i5i i que porte le beau tableau