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l’art chrétien.
Les figures colossales des absides Byzantines etla plupart de celles qui furent tracées plus tardd’après le même type pèchent plus ou moins parl’exécution; mais au travers et en dépit de l’in-correction des formes, perce la grandeur de l’idéeque l’artiste a eue en vue ; au contraire, quandvient la décadence du xvi e et du xvn e siècle, toutest correct dans les formes, tout est rigoureux eten même temps large dans les proportions; mais,hélas! l’idée est mesquine ou nulle, et l’œuvred’art est remplacée par le tour de force. Les pro-duits, où la science et l’inspiration se font un par-fait équilibre, sont rares dans toutes les branchesde littérature, plus rares dans la peinture chré-tienne, qui visa toujours plus particulièrement àl’expression, et presque introuvables quand ils’agit de figures colossales comme celle du Christpar Boccaccio Boccaccini, laquelle est à ce titre unmonument important dans l’histoire de l’art (i).
Après avoir vu jusqu'où cet artiste pouvait s’é-lever dans ce qu’on pourrait appeler le genre su-blime, il faut voir comment il a su traiter le genrenaïf et gracieux. Ici les inspirations Ombriennes,inutiles pour les conceptions grandioses, trou-
(1) Il y a quatre figures accessoires, digne accompagnement dela figure principale : à droite, saint Imerius et saint Marcellinus,à gauche, saint Pierre et saint Omobono, tous quatre patrons de laville de Crémone.