ÉCOLE DE CRÉMOTfE. 37-J
forte analogie. En tempérant les formes sévères dece dernier par un peu dé cette onction suave quicaractérise les types du Pérugin, ne pouvait-onpas opérer une sorte de fusion de la force et de lagrâce, et développer l’art dans ces deux directionsà la fois? Tel fut le problème que Boccaccio Boc-caccini sembla vouloir résoudre, et il faut avouerque, s’il n’arriva pas à une solution complète,du moins il était difficile d’en approcher da-vantage.
La grande figure du Christ, qu’il peignit eni5oG dans l’abside du chœur de la cathédrale,offre précisément le mélange heureux de ces deuxéléments, mélange qu’on chercherait vainementdans les peintures Byzantines, d’après lesquellesfut évidemment tracée cette fresque grandiose etcurieuse; je dis curieuse , à cause de la désuétudeoù était tombé depuis plusieurs siècles ce thèmeprimitif de l’art chrétien, sans qu’aucune écoleeût songé à le relever, malgré les immenses pro-grès qu’avait faits et que faisait encore la sciencedu dessin, dans U direction la plus appropriée àce genre d’ouvrages. Malheureusement ces pro-grès mêmes recélaient un piège où tombèrent plu-sieurs artistes de grand renom, lesquels, confon-dant la grandeur des dimensions avec la grandeurdes conceptions, préparèrent ainsi de loin cequ’on pourrait appeler l’ère des monstruosités.
24 .