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3 (1861)
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367
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ÉCOLE DE CRÉMONE. 307

yeux, et presquen face de son œuvre principale,ladmirable tableau du Pérugin, qui sy trouveencore aujourdhui.

Cest un fait extrêmement remarquable que,malgré la vogue dont jouissaient en Lombardieles peintres de lÉcole de Squarcione et de Man-tègne, ni eux, ni aucun de leurs disciples naientjamais été chargés daucun ouvrage à Crémone,pendant le demi-siècle que dura leur ascendant.Lécole Crémonaise semble avoir été assez richede son propre fonds; car, outre Altobello et Boni-fazioBembo, qui furent jusquà la fin lobjet dunepréférence non contestée, il y eut plusieurs autresartistes, dont le mérite est mis hors de doute parle suffrage très-compétent de larchitecte Averu-lino, qui en nomme trois tout à fait inconnus deshistoriens de lart, et les met sur la même ligne queFra Filippo Lippi, Piero délia Francesca et Cosmede Ferrare (i). Que si, vers la fin du xv° siècle, oneut recours à un pinceau étranger pour décorerléglise des Augustiniens du chef-dœuvre quony admire encore aujourdhui, ce fut bien plutôtpar sympathie pour les productions Ombriennes,que par disette dartistes indigènes. Aussi, le Péru-gin passa-t-il pour avoir trouvé à Crémone, non-

(1) Lauteur dit que pour peindre son église type, il fera venirPhilippum Monachum, Petrum Burgensem, Gusman Ferrarensem,Desiderium, Christophorum, Jeremiam, Cremonenses.