ÉCOLE DE CRÉMONE. 307
yeux, et presqu’en face de son œuvre principale,l’admirable tableau du Pérugin, qui s’y trouveencore aujourd’hui.
C’est un fait extrêmement remarquable que,malgré la vogue dont jouissaient en Lombardieles peintres de l’École de Squarcione et de Man-tègne, ni eux, ni aucun de leurs disciples n’aientjamais été chargés d’aucun ouvrage à Crémone,pendant le demi-siècle que dura leur ascendant.L’école Crémonaise semble avoir été assez richede son propre fonds; car, outre Altobello et Boni-fazioBembo, qui furent jusqu’à la fin l’objet d’unepréférence non contestée, il y eut plusieurs autresartistes, dont le mérite est mis hors de doute parle suffrage très-compétent de l’architecte Averu-lino, qui en nomme trois tout à fait inconnus deshistoriens de l’art, et les met sur la même ligne queFra Filippo Lippi, Piero délia Francesca et Cosmede Ferrare (i). Que si, vers la fin du xv° siècle, oneut recours à un pinceau étranger pour décorerl’église des Augustiniens du chef-d’œuvre qu’ony admire encore aujourd’hui, ce fut bien plutôtpar sympathie pour les productions Ombriennes,que par disette d’artistes indigènes. Aussi, le Péru-gin passa-t-il pour avoir trouvé à Crémone, non-
(1) L’auteur dit que pour peindre son église type, il fera venirPhilippum Monachum, Petrum Burgensem, Gusman Ferrarensem,Desiderium, Christophorum, Jeremiam, Cremonenses.