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l’art chrétien.
pour l’antiquité, ce fut seulement pour ce qu’elleoffrait de sérieux ou d’héroïque; mais elle se pas-sionna bien davantage pour la croisade que le vé-nérable Pie II vint prêcher au concile de Mantoue,et elle exprima son enthousiasme devant lui dansune harangue latine, non pas parce que lesRomains avaient parlé cette langue, mais plutôtparce qu’elle était celle de l’Eglise militante dansses plus solennelles délibérations (i).
Maintenant, si les rapports que je cherche àétablir entre les produits des beaux-arts et les per-sonnages sous l’influence desquels ils se dévelop-pent, ne sont pas tout à fait chimériques, noussavons d’avance ce qu’il faut attendre de celle dugrand Sforza et de sa famille sur l’école Crémo-naise. Pour lui, il n’y avait que deux belles chosesdans l’art comme dans le monde, le christianismehéroïque et le christianisme ascétique. Il possédaitinstinctivement cette vérité sans la proclamer, etil exerçait son patronage en conséquence. Dans levieux palais de Milan, dans ce qu’on appelait lasalle des Barons-Armés , fl fit peindre les portraitsdes plus fameux capitaines, ses modèles, ou mêmeses rivaux ; mais il y employa surtout des artistes
composa sa grammaire grecque , qui fut imprimée à Milan,en 1476.
(1) Voir le curieux opuscule de Ratti : Memorie su la vita diquattro donne illustridélia casa Sforza. In-8°, 4785.