ÉCOLE Dli CRÉMONE. 361
telligence, pour les élans du cœur etdel’àme, ellefut toujours à la hauteur de sa fortune. Ne la vit-on pas un jour, surprise dans Crémone en l’ab-sence de son mari, se précipiter sur les assaillantset d’un coup de lance couper la parole à un soldatVénitien qui osait crier devant elle : Vive saintMan: ? Et quand cette femme forte rentrait dansson oratoire et prenait en main ce livre d’heuresqui est un des trésors de la bibliothèque Ambroi-sienne, les effusions de piété remplaçaient sanspeine et sans disparate les élans d’audace, et ellese montrait tout aussi recueillie devant les autelsqu’elle avait été intrépide en face du danger.C’était sur ce mélange de qualités héroïques etreligieuses qu’était fondée la rare sympathie cpiiexistait entre elle et le grand Storza, et ce doublecaractère se retrouve jusque dans l’influencequ’ils exercèrent conjointement sur les arts, maisparticulièrement sur la peinture à laquelle ilsdemandèrent, suivant la convenance des sujetset des lieux, tantôt des compositions héroïques,tantôt des compositions religieuses, .l’insiste d’au-tant plus sur cette alliance véritablement saintede l’héroïsme avec la piété, que, malgré leséclipses partielles du second de ces éléments, elleforme la base du caractère personnel de FrançoisSforza, et l’on pourrait ajouter, de toute sa famillequi, fournissant à cette époque des héros et des