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l’art chrétien.
tombaient en ruines (i), et n’épargna ni dépensesni recherches pour se procurer, soit des tableauxauthentiques de ce grand maître, soit des œuvresmixtes auxquelles il n’avait mis la main qu’aprèsLéonard. A l’exception d’un ou deux dessins deMichel-Ange, il n’est point fait mention de l’écoleFlorentine; mais l’école Ombrienne était représen-tée dans le musée archiépiscopal par une grandecomposition du Pérugin et par quelques copiesde Raphaël, dont la plus remarquable était unedivinité mythologique qu’on avait transformée enMadeleine, procédé bizarre qu’on avait égalementappliqué à l’Hercule du palais Chigi, métamor- ,pliosé en saint Matthieu. Les fameuses Sibyllesde l’église délia Pace à Rome avaient été copiéesdans un but de conservation, et placées à côté dedeux Sibylles de Luini, dont l’infériorité, sous lerapport du style grandiose du dessin, était rachetéepar une pureté d’expression qui répondait mieuxaux notions instinctives du possesseur sur le vraicaractère de l’art chrétien. Il nous dit lui-mêmeque ce qui constitue à ses yeux l’excellence et labeauté de ces peintures, c’est qu’elles respirentà la fois l’élégance et la chasteté, par l’effet d’unecombinaison dont le secret serait peut-être, dit-il,
(1) Exempla Luini operum, quæcùm jàm vetustate dilaberenturexciderentque tectoriis, exprimenda curaviinus.