l’art dans l’école lombarde. 355mieux connu de nos peintres, s’ils n’ignoraientpas la différence qui existe entre la beauté divineet la beauté humaine (i).
Ces précieuses paroles, échappées à la plumed’un prince de l’Église initié aux misères intellec-tuelles de son siècle, étaient comme le dernierécho de cet idéalisme esthétique que les.artistesdu moyen âge avaient mis en pratique sans luidonner de formule précise, et devant lequel legénie de Raphaël et celui de Léonard s’étaientrespectueusement inclinés. Les écoles nouvelles( si toutefois l’eclectisme mérite le nom d’école )se persuadèrent de plus en plus que les dimen-sions colossales et les tours de force pouvaienttenir lieu d’inspiration, et l’art religieux, éman-cipé de toute règle et de toute tradition, devintune source de scandale ou de dégoût pour lesâmes restées fidèles au culte du vrai beau. L’idéalpoétique était mort avec le Tasse, son dernierreprésentant en Italie ; l’idéal philosophiques’effacait peu à peu devant les résultats positifsde la science moderne; l’idéal esthétique étaitrepoussé comme une entrave ou renié commeune chimère : il ne restait plus que l’idéal ascé-tique qui devait être non-seulement renié à son
(1) Optimum carum pulcherrimumque illud est quod elegantiaforma; lasciviam excludit, ignotâ nostris fortassè pictoribus acte,quia divines humanœque pulchritudinis discrimen ignorant.
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